Ai Weiwei accroc des réseaux sociaux
Ai Weiwei est un artiste chinois iconoclaste qui joue avec les nouveaux médias (et les autorités de son pays) : zoom
Fin février je découvre cette affiche dans le métro parisien :
Connaissant déjà un peu l’artiste je saute sur l’occasion et je prends mon billet pour aller à l’exposition d’Ai Weiwei au Jeu de paume accompagné d’un ami.
L’exposition est constituée uniquement de photographies et quelques vidéos. Et voilà l’une des premières sur laquelle je suis tombé datant de sa période new-yorkaise (1980-1993) :
Cette photographie représente les prémices de sa série "Études de perspective" où il critique les "conditions sociales en Chine et dans d’autres pays en livrant son témoignage sur les bouleversements que subit Pékin au nom du progrès, en adoptant [...] une attitude irrespectueuse à l’égard des valeurs établies" (présentation de l’expo sur jeudepaume.org). Ainsi cette série présente les monuments de différents pays avec au premier plan à chaque fois un "doigt d’honneur" de Weiwei.

Cette critique, que certains jugent comme celle d’un ado qui se rebelle contre le système, a déjà valu à Weiwei la fermeture de son blog et une détention de près de 3 mois du 3 avril 2011 au 22 juin 2011 par les autorités chinoises. Il est, à ce jour, toujours interdit de sortie du territoire.
Mais Weiwei, très joueur, constamment surveillé par le régime de Pékin, a décidé d’installer chez lui le 27 mars dernier 4 webcams diffusées en live sur internet. « Je leur ai expliqué : vous avez 15 caméras pointées sur moi et celle que j’ai installée dans ma chambre à coucher est exactement la même que celle que j’avais au-dessus de ma tête durant mes 81 jours de détention. Donc je vous fais une faveur en vous permettant de conserver une surveillance rapprochée de mes faits et gestes ». Weiwei, dont l’activisme est un affront perpétuel pour les autorités chinoises, n’a pu faire tourner ses webcams seulement 46 heures avant que le régime lui ordonne strictement de les couper.
Même le réseau social de micro-blogging chinois Sina Weibo lui est refusé. Il a seulement pu une fois s’y créer un compte durant quelques heures avant que, mystérieusement, celui-ci soit bloqué. Heureusement il lui reste Twitter qui n’est pas accessible en Chine mais sur lequel il peut tout de même diffuser (tous les hashtags #Weiwei sont d’ailleurs retweetés).
On retrouve d’ailleurs à l’exposition du jeu de paume de nombreuses photos prises avec son téléphone portable et qu’il diffuse ensuite sur le web via Twitter.
Alors, si vous voulez voir les œuvres de cet iconoclaste, dépêchez-vous ! C’est jusqu’au 29 avril.







